Actes 17.11 : Prêcher c’est encourager l’examen des Ecritures

Par Gabriel Monet

On entend parfois dire que le seul moment où les croyants ouvrent leur Bible, c’est au moment de la prédication ! Si cette affirmation n’est certainement pas vraie pour tous ceux qui lisent et étudient régulièrement la Parole de Dieu, elle l’est certainement pour un bon nombre de personnes… Et même, faudrait-il encore que ces auditeurs aient une Bible avec eux au culte ; que le ou les textes bibliques ne soient pas projetés sur un écran ; ou enfin que les prédicateurs invitent effectivement les auditeurs à ouvrir leur Bible ! Evidemment, ce qui compte n’est pas tant le geste physique d’ouvrir la Bible qu’un lien qui encourage l’examen véritable, sincère et ouvert au message contenu dans les récits et discours bibliques.

Dans le chapitre 17 du livre des Actes, on trouve le récit des prédications de Paul à Thessalonique, à Bérée et à Athènes. Si ces prédications suscitent l’adhésion de certains et le rejet d’autres, la réaction des Béréens est marquante et contient une information très intéressante qui peut devenir modélisante pour la prédication encore aujourd’hui. En effet, dans Actes 17.11, on peut lire que les Béréens « accueillirent la parole avec une entière bonne volonté, et chaque jour ils examinaient les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact ». On voit donc que la prédication de Paul encourage l’examen des Ecritures. En d’autres termes, il y a une vie après la prédication, une vie spirituelle bien sûr, une vie d’étude de la Bible. Ce verset peut être une invitation pour tout prédicateur à encourager les auditeurs à prolonger la prédication dans l’étude de la Bible.

Deux pistes peuvent être envisagées pour susciter ce désir de la part des auditeurs. Tout d’abord, même si cela semble aller de soi, la prédication devra avant tout être biblique et donc s’appuyer sur la lecture, l’interprétation, et l’actualisation d’un ou plusieurs textes tirés des Ecritures. C’est dans la mesure où le texte est rendu vivant et pertinent pour aujourd’hui que les auditeurs auront alors à cœur de retourner examiner ce texte ou un autre qui nourrira leur vie spirituelle. Si notre manière d’appréhender le texte biblique n’est pas porteuse de sens, quel intérêt des personnes qui n’ont peut-être pas les outils et la formation des prédicateurs pourraient-ils trouver à examiner à leur tour la Bible ? Une deuxième piste pour encourager les auditeurs des prédications à étudier leur Bible, c’est d’éveiller leur curiosité, leur donner envie de voir si ce qu’on leur dit est exact. On pourra ainsi, en prêchant, ouvrir des portes, lancer des questions, provoquer la réflexion, surprendre, ou suggérer des lectures qui pourront être un prolongement ou un complément au message prêché. C’est en partie dans la mesure de l’intérêt et de l’amour que le prédicateur porte à la Bible qu’à son tour l’auditeur aura envie et appréciera le contact avec les Ecritures.

Il existait un temps (notamment au Moyen Age) où les prédicateurs et autres personnes ayant des connaissances sur la Bible gardaient ce privilège pour eux, interdisant même la lecture de la Bible à tout un chacun. En effet, c’était soit-disant un moyen de préserver leur autorité en ne laissant personne les contredire dans leurs interprétations de la Bible. A l’heure de Google et Youtube où en un clic on trouve tout ou presque, même si le pire côtoie le meilleur, l’autorité d’un prédicateur ne dépend plus de son attitude de rétention de l’information mais au contraire de la profondeur et de la pertinence avec laquelle il va « faire parler » la Bible. Et tant mieux s’il suscite le désir des auditeurs d’aller vérifier si ce qu’il a dit est conforme aux Ecritures.

Certes, l’art de prêcher est suffisamment complexe pour ne pas alourdir la tâche du prédicateur. Mais si celui-ci garde à l’esprit qu’un des buts de la prédication est de donner envie aux auditeurs de fréquenter leur Bible, à n’en pas douter, cette prédication ira dans le bons sens ! Puissions-nous avoir des auditeurs, qui tels les Béréens, examinent chaque jour les Ecritures… Mais n’a-t-on pas en partie les auditeurs que l’on mérite ?