Clin d’oeil depuis Atlanta (6)

Par Gabriel Monet

Sixième clin d’oeil homilétique glané en écoutant des prédications à l’occasion de la Conférence Générale des Eglises adventistes à Atlanta.

La Bible parle, mais Abraham crie !

Vendredi soir, c’est Abraham Jules qui était chargé de la prédication. Originaire de Trinidad et pasteur à New-York, il a intitulé sa prédication « The Word still speaks » (qu’on peut traduire par « La Parole parle encore », ou « La Bible parle encore »). Son but était de montrer à partir d’Actes 10 et l’expérience de Pierre qui au travers de la vision des animaux impurs comprend que la bonne nouvelle de l’Evangile concerne tout le monde sans restriction. Je ne me prononcerai pas sur le fond du message qui je dois l’avouer m’a en partie échappé, et pour cause. En effet, Abraham Jules ne parlait pas pour prêcher, mais du début à la fin de sa prédication il criait. C’est vrai que prêcher dans un stade peut induire une manière de parler un peu plus forte que d’habitude, mais le système de sonorisation était excellent et même en murmurant, les orateurs pouvaient être entendus. Or, pour cette prédication, les décibels ont atteints des sommets. Il semble qu’une frange des auditeurs appréciaient et le démontrait par des applaudissements à certains moments, mais pour ma part, si jamais de ma vie je ne suis sorti à l’occasion d’une prédication, je me suis cette fois posé la question à plusieurs reprises, tant c’était insupportable. Il y a bien entendu des différences culturelles, mais ce n’étais pas là seulement une question de culture. Il y avait pour moi une incompatibilité entre le fond du message et sa forme. Ce n’est pas parce qu’on crie qu’une prédication a plus d’autorité. Au contraire ! Ce que j’ai expérimenté ce soir, c’est que la forme a agi comme un filtre m’empêchant d’être à l’écoute. Oui, mes oreilles étaient pleines, mais remplies de bruit. Pas d’un message. Les décibels m’ont rendu imperméable au message. Et je suis loin d’avoir été le seul. Plusieurs centaines de personnes sont sorties en cours de prédication, tellement c’était insupportable. Et à la sortie, tout le monde ne parlait que des cris, et pas du fond du message. Et le comble, c’est qu’Abraham Jules avait donc intitulé sa prédication « La Bible parle encore »… On aurait aimé qu’Abraham Jules laisse parler la Bible. Ce soir, ses cris ont couverts la parole de Dieu. Dommage !