Clin d’oeil depuis Atlanta (4)

Par Gabriel Monet

Quatrième clin d’oeil homilétique glané en écoutant des prédications à l’occasion de la Conférence Générale des Eglises adventistes à Atlanta.

Evanouissement en pleine prédication

Un événement heureusement inhabituel a eu lieu lundi matin 29 juin. En plein milieu de sa prédication, alors que rien ne laissait paraitre ce qui allait se passer, John Fergusson s’est évanoui. Il a été soutenu puis allongé par les personnes qui étaient les plus proches de lui. Il a été tout de suite pris en charge par des personnes compétentes, et quelques minutes plus tard, alors que l’assemblée avait été invitée à prier et chanter des cantiques, le prédicateur avait repris conscience. Evidemment, il n’a pas repris sa prédication  (sur laquelle je vais tout de même faire un commentaire dans une note suivante) afin de pouvoir subir un examen médical plus approfondi même si en apparence, tout allait bien. Une empathie très grande a été ressentie par tous. Je ne sais pas les causes de cet évanouissement. Ce sont des choses qui peuvent arriver pour différentes raisons. Mais, je saisis simplement l’occasion pour évoquer le stress que peut susciter le fait de prêcher. Et c’est d’autant plus vrai quand on prêche dans un stade de 72 000 places (même si ce matin il était loin d’être plein), et devant l’ensemble des leaders de l’Eglise. Facile à dire, nettement moins à faire, la gestion du stress peut être facilitée par une double approche d’un point de vue physique d’une part et psychique et spirituel d’autre part. D’un point de vue physique, il est important d’avoir une vie équilibrée en ne négligeant pas le sommeil, en ayant une nourriture saine, etc. Mais aussi en sachant respirer convenablement : une respiration bien maitrisée peut contribuer à diminuer les effets du stress. A un niveau psychique et spirituel, le lâcher prise et la confiance en Dieu sont des éléments qui peuvent contribuer à gérer au mieux la tension et le stress que suscite la responsabilité de prêcher. Je ne souhaite à personne de s’évanouir un jour en pleine prédication, mais le fait que cela puisse arriver peut être une invitation à prendre conscience une fois de plus si besoin était de l’humilité nécessaire quand on prend la parole au nom de Dieu et en tant que représentant de la communauté. Nous ne sommes que des hommes et des femmes bien humains, avec toutes nos limites et ne pouvons compter que sur Dieu pour que sa Parole puisse toucher nos têtes et nos cœurs !

Prêcher à la première personne

John Ferguson, qui n’a donc pas pu finir sa prédication suite à son évanouissement (cf. paragraphe précédent) a tout de même pu partager une quinzaine de minutes de son message. Or, il a été très intéressant de voir comment il a commencé en prêchant à la première personne. Il a parlé comme étant le père de la parabole du fils prodigue (Luc 15). A vrai dire, il y avait une certaine ambigüité, pas inintéressante au début, car on ne savait pas s’il parlait de ses deux fils à lui. Ce n’est qu’après un petit moment que, nous auditeurs, avons compris qu’il ne témoignait pas de sa vie personnelle mais qu’il était dans une approche narrative de la parabole. Cette narration qui a duré une bonne dizaine de minutes était du reste excellente. Il a ensuite, sans véritable transition commencé une partie plus analytique, qui a donc été interrompue. Mais je peux témoigner, et c’est l’élément que je veux mettre en évidence dans cette note, que l’interruption de la partie narrative à la première personne m’a fait perdre l’attention qui avait été stimulée dans la première partie. Certes, on peut tout à fait justifier le fait d’avoir une partie narrative, même à la première personne, que pour une partie de la prédication. Mais mon sentiment, en écoutant cette prédication, est que j’aurai aimé continuer sur la lancée de ce qui avait été initié. Cela aurait peut-être été osé, mais je pense productif, que de continuer à la première personne. Mon expérience en tant qu’auditeur à cette occasion est donc de dire : il faut aller au bout de ses idées. Même quand on est original ou créatif, peut-être même surtout quand on sort des sentiers battus, n’hésitons pas à assumer nos choix. Ils pourront contribuer à leur manière à éclairer la parole de Dieu et nos vies d’un regard nouveau et vivifiant.