Clin d’oeil depuis Atlanta (3)

Par Gabriel Monet

Troisième clin d’oeil homilétique glané en écoutant des prédications à l’occasion de la Conférence Générale des Eglises adventistes à Atlanta.

Prêcher au féminin

Trois matins en quatre jours, ce sont des femmes qui ont prêché ! Je vais faire une petite comparaison sur un point géré différemment dans deux de ces prédications, mais je voudrais d’abord faire un commentaire sur ces prédications au féminin. L’Eglise adventiste n’est pas spécialement en avance concernant le ministère pastoral féminin, et la place donnée aux femmes dans la prédication ou dans des postes clés de la direction de l’Eglise. Si à titre personnel je le regrette et que j’aimerai étendre et généraliser le ministère féminin, le désir d’une harmonisation globale sur cette question fait que la majorité de l’Eglise sud-américaine, africaine et asiatique met un frein à cette ouverture. On pourrait dire que c’est bien que l’on est donné le pupitre à des femmes. C’est vrai. Sauf quand même que si trois femmes ont prêché, elles ne seront d’après le programme en tout et pour tout que trois pour l’ensemble de cette session, ce qui représente trois prédications sur vingt-deux ! De plus, les trois ont prêché le matin à 8h, à une heure qui suscite moins d’auditeurs que les soirées, ou bien sûr le week-end ! Toujours est-il qu’il y a donc quand même heureusement des femmes pasteurs, et ces trois femmes qui ont prêché ont démontré que la prédication féminine n’a rien à envier à la prédication masculine. Dans des styles différents, elles ont su présenter des messages bibliques profonds, interpellants et vivants, avec une vraie autorité. CQFD ! Une petite comparaison donc tout de même sur deux de ces prédications. Dans deux cas, une illustration que l’ont pourrait qualifier de géographique a été utilisée. Raquel Arrais a amené la conclusion de sa prédication sur l’importance du vide nécessaire pour se laisser remplir du Saint-Esprit, en évoquant le désert d’Atacama, situé au Chili, qui est un des plus secs de la planète. Il n’y pleut quasiment jamais. Or lorsqu’il y pleut, une floraison extraordinaire y éclot. Elle a illustré cette évocation de quelques images du désert sec d’abord, puis du désert fleuri. Avec des mots appropriés, ces images ont eu un impact puissant pour que les auditeurs aient à cœur de remplir le vide de leurs vies par la présence fleurie du Seigneur. Le lendemain, Tara VinCross utilisait dans son introduction l’image des monastères des météores, dans le Nord de la Grèce. Ces monastères presque inaccessibles perchés au sommet des montagnes illustraient une manière de concevoir l’Eglise qui s’isole du monde qui est alors vu de haut et de loin. A l’inverse, à l’image de l’incarnation du Christ, nous sommes invités à nous mêler aux gens afin de pouvoir assumer notre mission de sel de la terre. L’illustration m’a paru très parlante. Cependant je trouve qu’une simple photo à l’écran aurait, comme pour le désert évoqué la veille, contribué à une évocation encore plus puissante. Certes, la narration peut stimuler des images fortes, et beaucoup sont ceux qui ont déjà vu en photos les météores, mais la projection d’une image peut parfois avoir un impact encore plus grand et peut aider à ancrer dans le cœur des auditeurs un message, qui en l’occurrence était (même sans image) pertinent et profond !