Petite leçon de prononciation

Par Gabriel Monet

Il y a peu, après avoir prêché dans une Eglise où j’étais invité, un pasteur retraité m’a abordé pour me faire une petite leçon de prononciation. En effet, il avait noté que j’avais parlé de Jésus-Christ en prononçant jé-zu-krist’, alors que j’aurais dû prononcer jé-zu-kri. A vrai dire, j’étais un peu étonné (mais pas seulement parce que je ne m’attendais pas à ce genre de retour). En effet, j’avoue ne m’être jamais posé la question et n’avoir jamais fait attention à cette question. J’imagine que depuis toujours je prononce cela sans réfléchir ! Mais du coup, intrigué, j’ai fait quelques recherches, et d’ailleurs ce pasteur devant mon étonnement m’a aussi écrit le fruit de ses quelques recherches. Il apparaît en effet que d’après les règles phonétiques, il faille prononcer Jé-zu-kri, même si lorsqu’on évoque le Christ il est commun de prononcer krist’. C’est là une exception tolérée pour éviter la confusion avec le nom commun cri. C’est le Littré qui dans sa définition du mot « Christ » affirme ceci : « Prononciation : krist’ ; dans Jésus-Christ on prononce Jé-zu-kri ; des ministres protestants, à tort, prononcent Jé-zu-krist’ ». Je ne sais pas si les protestants continuent d’être des prononciateurs rebelles, mais comme me le faisait remarquer ce pasteur retraité, sage et bienveillant : « Heureusement, dans notre relation avec le Christ, ce n’est pas la prononciation qui représente l’essentiel ».