Du geste à la parole

Par Gabriel Monet

Il est parfois des anecdotes qui peuvent être des clins d’œil qui nous aident à réfléchir sur nos pratiques. Voici une petite histoire, dont je ne sais si elle est vraie ou pas, qui peut nous interpeller sur notre authenticité en tant que prédicateurs.

Il y a quelques années, un prédicateur accepta un appel pour devenir pasteur d’une Eglise à Houston au Texas. Quelques semaines après son arrivée, il eut l’occasion de prendre le bus de chez lui jusqu’au centre ville. Quand il s’assit dans le bus, il se rendit compte que le chauffeur du bus auprès de qui il avait acheté son ticket lui avait rendu vingt-cinq cents de trop. Alors qu’il se demandait quoi faire, il se dit : « Tu ferais mieux de rendre ces vingt-cinq cents de trop ». Puis après un moment : « Oh après tout, oublie-ça, ce ne sont que vingt-cinq cents. Qui va se soucier d’une si petite somme. Et puis de toutes façons, la compagnie de bus fait déjà payer cher ses tickets, et ce n’est pas vingt-cinq cents qui vont leur manquer. Accepte cela comme un don de Dieu, et n’en dis rien ». Une fois arrivé à l’arrêt du bus où il devait descendre, il fit une pause devant la porte près du chauffeur, puis finalement tendit la main et donna au chauffeur les vingt-cinq cents en disant : « Voici ce que vous m’avez donné en trop en me rendant la monnaie ». Le chauffeur sourit puis répondit : « N’êtes-vous pas le nouveau pasteur en ville ? ». « Oui », répondit-il. « Et bien, je me posais la question ces derniers temps de fréquenter une Eglise. J’avais envie de voir ce que vous feriez si je vous rendais un peu trop de monnaie. Je pense qu’on se verra à l’Eglise le week-end prochain ».

Nos vies sont parfois la seule, ou la première Bible, que les gens lisent. Cette histoire nous rappelle l’importance de la cohérence entre nos propos et nos vies. Oh bien sûr, la puissance d’une prédication peut dépasser de beaucoup ce qui se vérifie dans la vie du prédicateur, parce qu’au-delà des mots prononcés par celui ou celle qui prêche, c’est Dieu qui se faire entendre, et Dieu sait écrire droit sur des lignes courbes. Il n’empêche que si nous prêchons des choses qui sont en décalage avec ce que nous vivons, nos actes deviendront un filtre qui empêchera la réception des paroles prêchées. Ce n’est pas que nous ayons une exigence de perfection, mais autant que possible mettons en cohérence ce que nous vivons avec ce que nous disons. A n’en pas douter, une des clés majeures d’une prédication réussie, c’est notre authenticité !