Une prédication « inter-essante »

Par Gabriel Monet

Tout prédicateur cherche à rendre sa prédication intéressante ! En effet, « susciter l’intérêt » est la moindre des choses lorsque l’on prêche et que l’on souhaite évoquer la parole de Dieu, la valoriser et faire émerger un message qui soit authentiquement biblique.

Néanmoins, il n’est pas inutile de revenir à l’étymologie du mot « intéressante » qui vient du latin inter esse, c’est-à-dire « être entre ». Oui, la prédication a pour vocation non pas de susciter l’intérêt pour ce qu’elle est en soi, mais bien pour sa capacité à créer du lien. L’acte de prêcher gagnera donc à favoriser l’interaction. Le dialogue que la prédication suscite est primordial. Elle peut (et doit) servir de trait d’union relationnel entre le prédicateur et les auditeurs, bien entendu, mais aussi notamment entre les auditeurs et la Bible, ainsi qu’entre les auditeurs et Dieu.

On pourrait presque comparer la prédication à un carrefour ou à un espace de rencontres. De la même manière qu’un tel lieu n’a finalement pas beaucoup d’intérêt pour ce qu’il est mais bien plus pour ce qu’il permet, ainsi en est-il de la prédication qui, aussi belle soit-elle, ne sera véritablement conforme à sa vocation que si elle contribue à faire dialoguer le croyant avec son Dieu, à orienter la vie, à contribuer à des choix et des engagements conformes à la volonté de Dieu.