La parole au-delà des mots (et des maux)

Par Gabriel Monet

Jacques Ellul est un illustre penseur. Ses très nombreux livres et encore plus nombreux articles ont touché tant au domaine de la sociologie que de la théologie. Mais qu’a-t-il écrit sur l’art de la prédication ? C’est pour essayer de répondre à cette question que j’ai eu l’occasion de d’écrire un article qui a été publié dans la revue Foi & Vie. En voici l’introduction :

« Voici trente ans, en 1981, Jacques Ellul démontrait de manière percutante combien la parole dans la société technicienne était humiliée. Les années ont passé et la technique s’est exacerbée ; le constat est plus que jamais d’actualité. Ceci est vrai non seulement de la parole en général, ainsi qu’Ellul le développait dans son ouvrage, mais cela peut aussi s’appliquer à la parole ecclésiale. Par parole ecclésiale, on peut entendre que la parole de l’Eglise est humiliée, mais ce verdict ne serait-il pas vrai également de la parole dans l’Eglise ? Que les représentants des Eglises ne soient plus des voix porteuses dans les sociétés d’aujourd’hui, ceci a été démontré à maintes reprises et Jacques Ellul lui-même a été à ce propos précurseur et visionnaire alors que dès 1948 il parlait de postchrétienté. Que la parole qui circule dans l’Eglise soit aussi en crise est attestée par le fait que depuis quelques décennies, son écho est si peu reçu que les Eglises se vident. Certains n’hésitent pas à affirmer que la Parole de Dieu qui y est prêchée se cherche et l’homilétique contemporaine met en évidence les défis que représentent aujourd’hui le juste équilibre herméneutique entre interprétation de la parole et interprétation du monde dans lequel cette parole a vocation à être prêchée. Même si le propos ellulien dans La parole humiliée n’est pas homilétique, loin s’en faut, par ces quelques lignes nous voulons essayer d’y discerner quelques pistes qui pourraient contribuer, autant que faire se peut, à déshumilier la parole de la prédication. Après avoir évoqué la quasi absence de propos homilétiques de la part de Jacques Ellul, puis présenté la dynamique générale du livre en question, nous retiendrons cinq axes à partir de la réflexion de Jacques Ellul que nous nous permettrons de prolonger et d’appliquer à l’homilétique même si telle n’était pas son intention première. » Les cinq points développés dans l’article sont : 1. Réinvestir la parole pour la déshumilier, 2. Raréfier la parole pour la valoriser, 3. Etre attentif au contexte de la prédication, 4. Intégrer la parole de la prédication dans une dimension pastorale, et 5. Redonner à la parole sa chance d’être créatrice. Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet article.